Diocèse de Rouyn-Noranda

Extrait du site Web

La parole est à Monseigneur

Ils attendent pour entrer...

15 décembre 2013

Je veux vous partager un heureux souvenir de Noël. C’était en l’an 2000, en terre d’Israël où je vivais cette année-là un séjour d’études bibliques. Pour la nuit de Noël, je présidais une messe au Champ-des-bergers, près de Bethlehem, où la tradition veut que les bergers se soient réunis pour accueillir la naissance de Jésus. Nous formions un cercle d’une cinquantaine de personnes. Autour de nous, quelques groupes chrétiens et musulmans visitaient les lieux tout illuminés pour l’occasion.

Au cours de l’homélie, un jeune enfant musulman de cinq ou six ans, visiblement très pauvre, se met à circuler dans notre groupe. Il tenait une petite figurine d’un enfant tout nu et il passait devant chacun de nous. À chaque personne, il faisait signe d’embrasser sa petite figurine. Chacune et chacun le faisait le plus sérieusement du monde en souriant au bambin. Et l’enfant circulait jusqu’au dernier du groupe. Pendant cette « procession », je parlais justement de l’accueil de l’Enfant-Dieu dans nos vies puisque c’est en l’accueillant que nous trouvons la joie de l’évangile. L’heureux passage de ce jeune arabe au milieu de nous, avec son geste improvisé et inspiré probablement par les nombreuses crèches dressées çà et là, illustrait bien mon propos. Ce fut un de mes beaux Noël dont je garde encore un vivant souvenir.

À Bethlehem, ce sont de pauvres gens qui ont accueilli en premier la Bonne Nouvelle. D’abord Marie, Joseph, ces parents tout simples ouvrent leur cœur et gardent cet événement en leur esprit. Puis les bergers, réputés un peu voleurs par leur profession de gardiens de moutons... et quelques passants anonymes capables d’émerveillement et d’ouverture. Ils attendent à la porte.

Cette famille juive, en tant que communauté d’accueil, a beaucoup à nous enseigner, encore aujourd’hui. Des gens capables à la fois d’ouvrir leur cœur qui est leur seule richesse et leurs mains pour toucher la vie et se laisser prendre par l’Amour. N’est-ce pas le vrai sens de Noël ?

Je comprends notre pape François qui ne cesse de dire : « Je veux une Église pauvre pour les pauvres ». Il vient de le répéter encore dans sa toute récente Exhortation apostolique intitulée La joie de l’évangile. Mais il assortit, cette fois, son affirmation d’un avertissement : « Toute communauté d’Église qui oublie les pauvres court aussi le risque de la dissolution ». En ce temps de Nativité, ouvrons grands nos cœurs et nos maisons pour faire entrer les petits, les affligés, celles et ceux qui attendent tout de Jésus et de son message. Qu’ainsi notre Noël soit embelli et plein de signification. Je vous souhaite un heureux Noël.

Une chronique de Mgr Dorylas Moreau publiée dans L’Église de Rouyn-Noranda, vol. 14, no 4, décembre 2013.

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