« L’élan missionnaire est un signe clair de la maturité d’une communauté ecclésiale », disait déjà Paul VI. Cette insistance a été souvent reprise par les papes qui lui ont succédé. Pour sa part, Benoît XVI a parlé récemment du contexte et du sens de cette nouvelle saison missionnaire pour tout le peuple de Dieu car, dit-il, « beaucoup de frères et sœurs sont baptisés mais pas suffisamment évangélisés ».
Le 29 octobre dernier, lors de notre récente session diocésaine marquant la clôture des Forums en Église chez nous, nous avons partagé ensemble sur les chemins à emprunter, sur les agirs pastoraux et les moyens à mettre en œuvre pour favoriser ce nouvel élan missionnaire. Bien des expressions des membres de l’assemblée ont fait consensus. Et divers points de vue ont été partagés dans une même continuité. On a souligné l’optimisme des propos et l’espérance qui doit nous animer pour atteindre cette Église de proximité et d’accueil inconditionnel où nous pouvons avancer ensemble.
Un aspect particulier m’a personnellement rejoint davantage et m’a beaucoup interpellé. C’est le suivant : pour présenter Jésus Christ et son message, nous avons à nous « faire évangile nous-mêmes ». Cette forte expression nous renvoie à la fois à notre besoin incessant de conversion personnelle et communautaire et à la qualité de notre témoignage. C’est seulement, me semble-t-il, dans ce renouvellement intérieur que nous arriverons à nous engager plus et mieux dans des projets plus mobilisateurs qui laisseront davantage transparaître le visage du Christ ressuscité. Sinon nous restons prisonniers de nos perceptions personnelles qui sont souvent très inadéquates quand on considère l’ampleur de la réalité pastorale de toute l’Église.
Toute notre communauté diocésaine est ainsi invitée à se laisser convertir dans l’Esprit pour un nouvel élan de sa vie. Poursuivre l’annonce de l’évangile comme visée première et principale, c’est du même coup poursuivre la mission de l’Église. Celle-ci peut se vivre différemment selon les temps et les lieux, mais elle vise toujours à former de nouveaux disciples de Jésus ressuscité. Disciples, nous le sommes déjà en partie quoique toujours imparfaitement, mais il y a aussi celles et ceux qui cherchent à le devenir. « J’ai encore d’autres brebis qui ne sont pas de cet enclos », lit-on dans le texte évangélique de saint Jean quand il nous présente le bon Pasteur (Jn 10, 16).
Une chronique publiée dans L’Église de Rouyn-Noranda, vol. 12, no 3, novembre 2011.
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