Diocèse de Rouyn-Noranda

Extrait du site Web

La parole est à Monseigneur

Sainte Kateri Tekakwitha

24 octobre 2012

C’est par cette invocation que nous appellerons l’intercession de cette première jeune amérindienne du Canada à être proclamée sainte au lendemain de sa canonisation le 21 de ce mois d’octobre 2012.

Tekakwitha est son nom d’origine iroquoise. À son baptême, on lui ajoute le nom chrétien de Catherine (ou Kateri en sa langue iroquoise). Née en 1656 d’un père Mohawk et d’une mère algonquine catholique, elle meurt à l’âge de 24 ans, le 17 avril 1680, après avoir prononcé « Jesos Konoronkwa » (qui veut dire : Jésus je t’aime). On connaît seulement quelques bribes de sa vie par les missionnaires qui l’ont côtoyée à l’époque et qui ont témoigné au sujet de la sainteté de sa vie. En raison d’une épidémie de variole, ses parents et son seul frère cadet sont emportés. Tekakwitha n’a que 4 ans. Elle resta pourtant fascinée et imprégnée dans son cœur par la ferveur de sa mère et les récits qu’elle lui avait racontés sur la vie de Jésus.

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Peinture à l’huile par le père Claude Chauchetière S.J. (1690) Photo : Diocèse de Saint-Jean-Longueuil

Plus tard, à l’âge de 20 ans, la jeune femme fut baptisée. Grâce au témoignage et à l’enseignement suivi sur la foi chrétienne catholique, Kateri progressa dans son choix du Christ malgré la résistance de son entourage. Elle fut rejetée, bannie de son village. Fuyant cette hostilité grandissante des gens de son peuple, elle est passée du village iroquois d’Ossernenon (de l’État de New York aujourd’hui) pour se réfugier, dans des circonstances troublantes, à la Mission St-François-Xavier, près de Montréal (appelée Caughnawaga). C’est là qu’elle mourut après avoir consacré sa vie à Dieu.

Comment la vie de cette jeune femme du 17e siècle peut-elle parler aujourd’hui à la société, à la culture contemporaine et à l’Église ? Elle nous rappelle d’abord que la sainteté n’est pas une question d’âge. Elle fut marquée par le témoignage et la prière d’une mère aimante. Qu’on le veuille ou non, le témoignage « construit » une vie de croyant. Kateri témoigne : une foi solide, une franche humilité, une vraie maîtrise de soi dans une joie que « nul ne peut ravir ». Autant de valeurs à considérer. Kateri parle aux souffrants, aux persécutés, aux déportés et aux réfugiés, ainsi qu’aux affligés.

Dans un monde moderne « en pleine déportation » et en recherche de nouvelles valeurs, la nouvelle sainte nous parle avant tout de détermination pour oser les ruptures qui s’imposent de manière à suivre le Christ et à vivre de son message. En ce sens, sa canonisation est un geste prophétique.

Sainte Kateri Tekakwitha, prie pour nous !

Une chronique de Mgr Dorylas Moreau publiée dans L’Église de Rouyn-Noranda, vol. 13, no 2, octobre 2012.

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